La grève d’Air France, la plus longue pour la compagnie nationale depuis plus de 10 ans, n’a pas fait que des dégâts au sein de l’entreprise elle-même. Les effets collatéraux ont été nombreux et l’économie de petites entreprises s’est vue parfois gravement mise à mal.

Notre activité de transport de personnes sur de courtes et moyennes distances a connu une forte baisse du 15 au 30 septembre dernier. Pourquoi ?
Nous réalisons 80% de notre activité avec des clients voyageant en avion. Notre clientèle est ainsi principalement composée de voyageurs d’affaires venant ou quittant Paris pour une journée ou plus. Notre service de taxi moto leur permet de se rendre à leurs rendez-vous parisiens ou sur les plateformes aéroportuaires sans subir l’engorgement des axes routiers reliant Roissy CDG ou Orly.
Nous véhiculons une image de sérieux, de fiabilité, de ponctualité et de rapidité mais aussi une image écologique car nous ne participons pas à la saturation des routes autour et dans Paris.

Les chiffres qui suivent sont utiles pour comprendre les répercussions sur notre profession : sur les aéroports parisiens, ce sont près de 60% des vols Air France qui ont certains jours été annulés, soit près de 200 vols par jour à Roissy CDG et environ 140 vols par jour à Orly (50% de l’activité d’Air France). Ce sont ainsi des milliers de passagers qui ne se sont pas déplacés quotidiennement et qui n’ont pas fait potentiellement appel à nos services.
Lorsque vous ajoutez les perturbations en province (annulation de près de 80% des vols certains jours au départ de Toulouse et Marseille, entre 55 et 70% des vols au départ des aéroports de Nice, Bordeaux, Lyon), soit peu ou prou jusqu’à 20 à 25% de leur activité, vous obtenez une idée du nombre de passagers qui ont suspendu leurs déplacements sur la capitale.

Beaucoup de commentaires ont été fait sur cette grève et le comportement de ses acteurs. Au-delà des stéréotypes qui entourent depuis très longtemps la profession de pilotes de ligne, il est indéniable que la situation économique de la France, des salariés quel qu’ils soient, de l’entreprise Air France en particulier, a entraîné un rejet de ce mouvement social, le qualifiant de corporatiste et égoïste. Comment peut-on aujourd’hui faire perdre des millions d’euros par jour à son entreprise par refus de sa croissance externe! Le développement d’une compagnie low-cost à l’étranger permettrait à Air France d’aller chasser sur les terres des autres compagnies et ainsi prendre une part de la croissance du marché européen ou tout du moins de freiner la croissance de ces concurrents qui ne manquent pas d’utiliser leur profit pour venir chercher les clients sur le marché France.
Les pilotes grévistes d’Air France ont montré un aveuglement économique sous prétexte de vouloir étendre des conditions de travail et des avantages acquis chez Air France à des filiales (HOP! et Transavia) ayant besoin de coût d’exploitation moins onéreux. Si demain la compagnie nationale venait à disparaître, ces mêmes pilotes n’auraient d’autre choix que d’aller travailler pour des compagnies étrangères et certainement pas aux conditions salariales actuelles.

Mais revenons à ces milliers de voyageurs qui n’ont pas voyagé pendant ces 15 jours de septembre.
Un aéroport, c’est une ville dans la ville : du commerce de vêtements à la librairie en passant par les nombreuses enseignes de restauration rapide ou traditionnelle, sans oublier les entreprises de sous-traitance (nettoyage, sécurité), l’assistance aéroportuaire (bagages, enregistrement des passagers…), les loueurs de véhicules…,la vie économique de ces entreprises s’est arrêtée ou a été tout du moins fortement ralentie. Aéroport de Paris a évalué à 25% sa baisse d’activité, sans pouvoir aujourd’hui chiffrer la baisse des commerces au sein de l’aéroport. Pour la plateforme de Pau, par exemple, très dépendante du réseau Air France et dont la fréquentation est fortement basée sur les voyageurs d’affaires, la restauration a vu son activité baisser de 20%, tandis que les taxis évaluent leurs pertes entre 20 et 30%, ayant connu une activité à peu près identique à une période de vacances.

Il est impossible de combler une baisse de chiffre d’affaire pendant une aussi longue période. Nos atouts pour notre développement sont notre image et la qualité de nos services pour conquérir de nos nouveaux clients. L’attractivité de Paris, la défaillance de ses transports en commun et des dessertes aéroportuaires sont les raisons qui nous font croire en notre croissance. Ajoutez un prix fixe connu au moment de la réservation de votre transport, une réservation possible en ligne et vous avez les ingrédients d’un succès grandissant du taxi moto que nous comptons partager avec vous.

Grève Air France et taximoto

Grève Air France et taximoto